Julien regarda le jeune soldat partir.

Puis il regarda Thomas.

— Tout va bien ?

— Oui, mon capitaine.

Un silence passa.

Thomas regarda la casquette de Julien.

Elle était toujours là.

Toujours usée.

Toujours marquée par cette journée sous la pluie.

— Vous l’avez gardée.

Julien sourit légèrement.

— Bien sûr.

Thomas hocha la tête.

— Je suis content que le général ait vu ce jour-là.

Julien leva un sourcil.

— Vraiment ?

— Oui.

Il regarda le sol humide.

— Parce que sinon, j’aurais continué à croire que le problème venait toujours des autres.

Julien ne répondit pas.

Il n’avait pas besoin de faire un grand discours.

La vie ne donnait pas toujours une phrase parfaite pour conclure les choses.

Parfois, il suffisait de constater qu’une personne avait appris.

Thomas repartit vers son unité.

Julien resta quelques secondes sous la pluie.

Sa casquette était toujours sur sa tête.

18 ans de service dans un morceau de tissu.

Les gens pensent parfois que le respect vient automatiquement avec un uniforme ou un grade.

Ce n’est pas vrai.

Parfois, quelqu’un fait tomber votre casquette dans une flaque.

Parfois, quelqu’un vous manque de respect après avoir commis une erreur.

Et parfois, une seule personne qui refuse de détourner le regard suffit à empêcher quelqu’un de devenir pire.

Thomas n’avait pas perdu seulement quelques permissions.

Il avait perdu une partie de son arrogance.

Et il avait gagné quelque chose de plus important.

La capacité de reconnaître ses erreurs avant qu’elles ne détruisent quelque chose de plus grand.

Julien remit correctement sa casquette.

Puis il retourna travailler.

Parce que quelque part sur cette base, un autre militaire avait sûrement besoin d’aide.

Et cette fois, il espérait que la personne n’aurait pas besoin d’attendre qu’un général arrive pour comprendre la valeur du respect.